La République centrafricaine

Contexte du conflit et principaux défis

Depuis son indépendance en 1960, la République centrafricaine a traversé plusieurs périodes d’instabilité politique et de conflit. Le dernier conflit en date est celui entre la Séléka et les Anti-Balaka, qui a commencé en 2012. Les deux parties au conflit se sont rendues coupables de violences sexuelles, utilisées comme arme de guerre, dans le but de terroriser et de punir la population civile. Il y a des dizaines de milliers de victimes.

Aujourd’hui, les victimes survivantes ont décidé de briser le silence. Elles unissent leurs voix afin de créer un mouvement de lutte contre les violences sexuelles dans leur pays et dans le but d’éviter à des futures générations de femmes et de filles de subir le même sort atroce.

« Une justice lente est un crime supplémentaire dont les survivants de conflits armés sont victimes. »

Réseau national

On  December 10, 2018, the anniversary of the signing of the 1948 Universal Declaration of Human Rights, survivors of sexual violence in the Central African Republic publicly launched their survivor movement – MOSUCA, which stands for ‘Mouvement des Survivantes de Violences Sexuelles en Centrafrique(Movement of Central African Republic Survivors of Sexual Violence). The survivors presented MOSUCA and its aims to a National Parliament audience of nearly 500.

Les survivantes de violences sexuelles en République centrafricaine ont officiellement lancé leur mouvement le 10 décembre 2018, date anniversaire de la signature de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Ce mouvement porte le nom “MOSUCA”, qui est l’acronyme de ‘Mouvement des Survivantes de Violences Sexuelles en Centrafrique’. MOSUCA et ses objectifs ont été présentés au parlement national, lors d’une audience rassemblant presque 500 parlementaires.

En 2018, le réseau a commencé avec à peine 25 membres, représentant au total six organisations locales. Aujourd’hui, le réseau s’est étendu et compte plus de 350 membres venant de 14 provinces. L’objectif principal du réseau est de sensibiliser aux conséquences des violences sexuelles perpétrées dans le cadre d’un conflit, afin de combattre la stigmatisation et de mettre fin à l’impunité actuelle.

Le réseau soutient et dynamise les victimes de violences sexuelles à travers l’organisation d’événements publics à grande échelle. Ceux-ci comprennent des sessions de sensibilisation dans les huit districts de Bangui, une marche pour les survivantes qui ont été contaminées par le VIH, des sessions de formation au renforcement des capacités pour les victimes, ou encore un programme radio diffusé sur l’antenne de radio nationale. Ce dernier rassemble des femmes parlementaires, des femmes du milieu académique et des survivantes autour du thème des violences sexuelles.

MOSUCA prodigue également de l’aide aux victimes par la distribution et l’explication de documents pertinents, comme l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, qui date de février 2019, ou encore la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU 2467(2019). Cette dernière appelle à une justice renforcée et à l’identification des responsables, ainsi qu’à une approche axée sur les survivantes tant dans la prévention que dans la réponse aux violences sexuelles qui ont caractérisé le conflit.