Un message des membres de SEMA le Réseau mondial de survivantes sur le coronavirus

Alors que le COVID-19 continue de se propager, les membres de SEMA – le Réseau mondial pour les victimes et les survivantes de violences sexuelles en temps de guerre – sont de plus en plus préoccupés par l’impact du COVID-19 sur leurs communautés et les survivantes. Venant de 21 pays, les membres du SEMA sont confrontés à des infrastructures de santé publique limitées et à des ressources d’hygiène insuffisantes, en particulier dans les zones reculées ou sortant de conflits. Certaines membres comme Grace (Ouganda) et Mildred (Zimbabwe), signalent que les mesures visant à ralentir la propagation du coronavirus conduisent à la flambée des prix des denrées alimentaires et à un risque réel de famine. Les membres de la SEMA sont tous d’accord : bien que cette pandémie nous affecte tous, ses conséquences se feront ressentir plus intensément par les populations du monde les plus vulnérables.

Bien qu’elles soient essentielles, les mesures de santé publique telles que la fermeture des espaces publics et la limitation des déplacements ajoutent une charge supplémentaire aux femmes, principalement responsables pour prendre soin des autres. Souvent employées à temps partiel ou de manière informelle, les femmes se retrouvent chez elles privées d’un revenu permettant de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Elles craignent de se confronter aux mêmes difficultés rencontrées à la suite d’épidémies passées, à savoir un retour à l’emploi plus difficile que les hommes.

Suzy (Soudan du Sud) et Asmaou (Guinée), membres du SEMA, encouragent la mise en place des directives sanitaires communiquées par l’OMS. Cependant, elles sont très préoccupées par le maintien de l’accès aux ressources de base et à des informations fiables, en particulier dans les régions isolées, comme l’ont alerté Bernadette (RCA) et Rosario (Guatemala).

Les membres de la SEMA sont particulièrement préoccupés pour les survivantes de violences sexuelles liées aux conflits. Vivants dans des conditions de vie précaires en raison de leur stigmatisation, parfois réfugiées dans des camps exigus et insalubres ou déplacées à l’intérieur du pays ou en exil, leurs systèmes immunitaires sont fragilisés en raison des traumatismes physiques et émotionnels graves subis.

Fulvia (Colombie), Feride (Kosovo), Esperande (Burundi) et d’autres membres de la SEMA s’interrogent sur la manière dont les communautés vont gérer l’augmentation prévisible des violences à l’égard des filles et des femmes dans des conditions de confinement.

En raison de multiples risques qui pèsent sur les survivantes et leurs communautés, les membres de la SEMA recommandent aux décideurs politiques et aux dirigeants communautaires du monde entier de :

PROTÉGER, en veillant à ce que les refuges existants ou récemment ouverts soient accessibles aux femmes et aux filles fuyant la violence, avec une procédure particulière pour admettre celles atteintes de COVID-19.

SOUTENIR, en veillant à ce que chacun, indépendamment de sa mobilité ou de sa position dans la société, puisse accéder aux besoins de base, y compris la nourriture et l’eau

S’ENGAGER, en s’assurant que les femmes participent activement à la prise de décision et à l’organisation de la réponse communautaire durant la crise du COVID-19.

Les membres de SEMA demandent aux décideurs du monde de reconnaître et de donner la priorité aux besoins spécifiques des survivantes dans toutes leurs décisions et réponses communautaires. Planifier et répondre à ces besoins réduira les coûts et les souffrances de la communauté de manière durable. En tant que membres de SEMA, nous avons à cœur le respect des mesures imposées par les autorités sanitaires et nous sommes convaincus que ce défi global nécessite une solution mondiale coordonnée. Il est temps d’agir dans un esprit de solidarité.

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